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Le BAC, cette étape difficile par laquelle on doit tous ou presque tous passer ; cette étape d’où les chanceux s’en sortent indemnes, et les moins chanceux gardent des séquelles ; difficile ? Peut être pas si difficile que ça en fin de compte: y en a qui définissent le BAC comme étant un état d’esprit, d’autres en parlent comme on parle de l’Everest ! Je vous propose de revenir sur l’origine de l’expression afin d’éviter toute confusion d’avis : Créé dans sa version moderne sous Napoléon 1er par le décret organique du 17 mars 1908, il fut appelé BAC en expression familière mais sa plus ancienne appellation reste l’appellation Bachot, le Bachot est passé à la fin des trois années du lycée, ou en candidat libre, il ouvre la voie à l’enseignement supérieur, en université…ceci est la définition par défaut du baccalauréat, celle qu’on soupçonnait tous. Mais pour bien la connaître il faut la vivre et habiter l’esprit tourmenté d’un jeune bachelier…
L’année 2008 n’a pas était du gâteau pour nos jeunes bacheliers, ils ont tout d’abord commencé l’année avec l’annonce d’un long programme dont ni le début ni la fin n’était déterminé, dépassés par les évènements et par la pression infligée par l’entourage et les professeurs, ils attendent le deuxième trimestre pour sortir manifester la nécessité de changer les choses, de réduire la masse des leçons ; les premières expériences du Bac -nouveau programme- ont mis la critique en plein mouvement et les jeunes bacheliers réclament sur les banderoles qu’ils affichent qu’ils ne sont pas des rats de labo et qu’ils refusent de voire leur avenir gâché, ou de perdre une année de leur parcours à cause de l’incompétence des initiateurs du nouveau programme, il a tout d’abord fallut que ce soit quelques lycées d’Alger qui ouvrent la marche en se réunissant durant plusieurs jours devant le lycée « De La Croix » à la place Audin, rejoints dans leurs marches quelques jours plus tard par des lycées des autres Wilayas à ce moment ; la révolte de ces jeunes lycéens n’est plus prise à la légère par les autorités. Le Ministère de l’Education prend le taureau par les cornes en décidant de trouver une solution conforme aux nouvelles règles et aux réclamations des bacheliers : alors, la solution s’est trouvé ainsi : une délimitation des leçons qu’il y aura sur les sujets de BAC de façon a ce que tous les lycées du territoire national s’arrêtent au niveau de la même leçon dans toutes les matières…les esprits des jeunes bacheliers ont ainsi trouvé un répit pour réviser tranquillement…mais la pression était toujours présente… Au jour J ; le 07 juin 2008 commencent les premières épreuves, contre toute attente les sujets étaient abordables, pas faciles mais dans la limites des leçons étudiées durant l’année, et ainsi ont suivi les autres matières certaines plus difficiles que d’autres…à la fin des examens, chacun s’est fait un pronostique ; la plupart positivaient tout en gardant le doute, d’autres désespéraient… à partir du soir du 11 juin, après la dernière épreuve (l’épreuve de philosophie) leurs destins étaient entre les mains des correcteurs et tous les scénarios se faisaient possibles dans les pensées de chacun ! Du 11 juin…au 10 juillet, 30 longues journées d’attente, nuit et jour à compter les minutes une par une…mais non, je rigole !!! Mais c’était effectivement le cas pour les lauréats, ceux qui étaient sures d’avoir leur BAC, et qui étaient seulement pressés de connaître le titre de leur mention « Méga Bien », « Extra Bien » ou « Giga Bien » et qui hésitaient encore entre finir leurs études en France, en Angleterre ou en Tunisie ; et je peux vous dire qu’ils étaient nombreux cette année mais pas autant que les pauvres élèves mauvais, moyens ou à peine bons, mais bizarrement le cas de ceux là était beaucoup plus détendu : journées bronzette à la plage, à se dorer la pilule cachés derrière de grosses lunettes à engloutir des beignets et des hot-dogs et à sourire à toutes les blagues dans le but de cacher son impatience face aux résultats qui approchent, à force d’insister sur la nonchalance, elle finit par devenir une habitude, alors que les sorties entre amis s’enchaînent ; une voisine à la fac qu’on rencontre au coin de la rue nous demande si on est pas trop stressé, deux jours avant l’annonce du résultat ? Notre réaction est d’être surpris au début « ah tiens c’est dans deux jours je l’avais complètement zappé cette évènement ! » mais on évite d’avoir l’air con devant sa voisine qui est en master 2 dans une branche qu’on se sent incapable d’atteindre alors on prend un air inquiet en répondant : « ouwa ! J’ai trop peur, de toutes façons j’ai fait ce que j’ai pu, j’espère que tous mes efforts seront récompensés…et si je l’ai pas je te cache pas que je serais effondré, mais hamdoullah je serais pas le seul » Le jour des résultats, on prend l’air serein, on essaye de respirer enfin ! L’annonce des résultats est prévue sur l’opérateur téléphonique Mobilis à partir de minuit (à 50 DA seulement, wech c’est pas beaucoup !!) : alors en plus de devoir acheter une puce Mobilis et de la recharger, on est aussi obligé de veiller jusqu’à minuit, mais aux alentours de 21h on a pu les voir en envoyant le numéro de matricule du candidat au 6262 et quelques secondes plus tard on recevait THE Nouvelle. Quant à ceux qui n’ont pas pu y aller, il se sont dirigés vers les Cyber Cafés puis se sont connectés sur le site officiel de l’ONEC, qui apparemment était piraté, alors toute personne excitée à l’idée de connaître son résultat allait devenir plutôt stressée en découvrant les insultes sur le sites, à minuit toute la belle famille est au courant, le téléphone n’arrête pas de sonner, tous te posent la même question ; les amis aussi se consultent entre eux pour voir ceux qui l’ont eu et ceux qui ne l’ont pas eu de leur classe, pour animer les commérages qui suivront dans quelques jours, le lendemain matin on se rend tous au lycée, histoire de confirmer la nouvelle si elle est mauvaise mais on y va quand même si elle est bonne, à l’intérieur du lycée on aperçoit de longues listes classées par branche à coté des mamans qui sautent de joie, et bizarrement les papas sont la plupart du temps les mécontents qui annoncent les mauvaises nouvelles, chaque coin son ambiance : des coins ou l’on pleure de joie, félicités par l’ensemble de leurs professeurs, et dans d’autres coins on pleure avec beaucoup de peine parce qu’ils y était presque, et généralement ceux des classes spéciales qui n’ont pas eu leur BAC pour la deuxième fois consécutive font beaucoup de peines d’autant plus qu’ils sont jeunes et que leurs avenir va se faire en repassant le bac en candidat libre ou à faire des stages dans des établissement non recommandés. Finalement cette année, on a pu éviter la catastrophe avec 56% de réussite au baccalauréat sur le territoire national, un pourcentage qui a un peu dépasser les pourcentages médiocres qu’on a eu durant les années précédentes mais qui reste tout aussi médiocre face à un niveau de réussite de 75% cette année en France malgré une baisse considérée du taux de réussite...voyez vous la différence ? Le seul point positif que garde le nouveau BAC est sa validité dans les grandes facultés du monde…mais reste à le vérifier ! BAC ou pas, resteront les souvenirs de nos années lycée gravés à jamais sur les albums de nos belles pensées, quant à ceux qui ne l’ont pas eu cette année…je leur dit que ceux qui réussissent sont ceux qui ne baissent jamais les bras, alors ne les baissez pas, vous l’aurez une autre fois incha’allah ! Source : l\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'équipe Kherdja
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